La laine corse est un héritage en sursis. Après la fermeture de la dernière filature, il ne restait presque plus personne pour transformer la fibre sur l'île. Pourtant, le terroir s'y prête, les pentes du Cap portent les mêmes herbes que les plateaux pyrénéens. Sonia a choisi de croire à ce vide : importer l'angora, créer de toutes pièces ce que la Corse n'avait jamais eu, un élevage de mohair. Pionnière dans une terre sans mémoire de cette laine, elle a posé les premières pierres d'une filière qui n'existait pas.
Le parcours
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Image, étape 1
2005 à 2021
Le retour aux sources
Vingt ans devant une classe. En 2018, Sonia pose ses valises au Cap Corse. Pas de mutation sur place, donc pas de poste : mise en disponibilité, congés sans solde, et le temps enfin de bâtir. La maison d'abord, puis l'envie d'un travail plus ancré, plus relié à la matière et au vivant.
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Image, étape 2
2021 à 2022
La réflexion et la décision
Regarder autour du village, voir Kevin Santini le berger laitier : le mode de vie corse, le circuit court, l'écoresponsabilité déjà pratiquée (AMAP, fromage du coin). Une amie parle de chèvres angora. Sonia se renseigne, découvre la race, s'inscrit à Pôle emploi et commence à tisser le projet : élever des animaux pour leur laine, garder tout le troupeau.
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Image, étape 3
2022
Immersions et premiers pas
Octobre : stage entrepreneurial, passer à l'action, mettre le projet sur papier, contacter les agriculteurs. Décembre : trois jours de tonte et de tri dans l'Ardèche, chez Corinne Gers. Première immersion dans le quotidien d'un élevage, la projection concrète, les premières valeurs qui se dessinent.
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Image, étape 4
2023
Les fondations
Janvier : formation aux métiers de l'agriculture au CPS de Corte. Mars : trois semaines chez Céline Chemla, Mohair d'Aulon dans les Pyrénées : mise bas, gestion du quotidien, boutique, vente, conseil. Démarrage de l'entreprise en cotisant solidaire. Avril : contact avec Jean-Luc Charpignon, précurseur du mohair en France, et trouvaille du premier terrain par bouche-à-oreille. Été : tonte avec Johanna de Millefeuille, qui deviendra la source du troupeau fondateur.
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Image, étape 5
2023
La chèvrerie prend forme
Juillet : fin du défrichage, les terrains abandonnés depuis vingt à quarante ans redeviennent accessibles. Septembre : construction du bâtiment avec les mains de la famille : naturel, résistant aux tempêtes du Cap, confortable pour les chèvres. Octobre : récupération des premières chèvres chez Johanna (Baloo, Boeing, Lila, Pacpac, Ligule, Lupin, Pampille, Petit Prince) et deuxième voyage dans les Pyrénées. Novembre : quinze chèvres rassemblées, la première génération du troupeau est là.
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Image, étape 6
2024
La première tonte et la filière
Février : Antoine Delebarre vient tondre les premières chèvres. Les toisons partent à la filature SOFICA, recherchée en amont, contactée via l'ANECA. Depuis 2022, Sonia cherche qui transforme la laine en Corse : projet universitaire, fablab, tisserandes. Mars-avril : huit naissances, dont des jumeaux (Alta et Lolla). Mai : les premières pelotes blanches naturelles arrivent. Juin : formation à la tonte avec Laura Bec, organisée par l'ANECA. Juillet-août : Sonia tond elle-même pour la première fois, écussonnage des adultes puis tonte des petits.
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Image, étape 7
2024
Le réseau et les marchés
Été : les premiers marchés du village, tous les mardis. Pelotes naturelles, quelques pièces tricotées par la maman de Sonia, et les premiers échantillons envoyés aux tisserandes. Rencontre de Jérémy, le premier tricoteur du réseau. Septembre : adhésion à la Route des Sens, début des visites pédagogiques, d'abord seule, puis progressivement avec Cathy. Octobre : formation santé des ruminants avec le GDS Corse. Novembre : premier deuil, Boeing coince la tête dans un filet. Décembre : stage de teinture végétale dans la Drôme, pour diversifier la gamme.
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2025
Structuration et compagnons
Printemps : structuration des visites découverte pour les familles et pédagogiques avec Cathy. Passage en exploitante agricole : un statut qui donne plus de poids pour les foires et marchés. Mai : Capra Parc en Corse, à Tox : choix du chien de berger. Rencontre d'Audrey, éleveuse dont les parents du chiot travaillent avec les chèvres au quotidien. C'est une bonne lignée, récupéré à trois mois.
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Image, étape 9
2026
L'avenir s'écrit
Mars : formation agroforesterie en élevage : fourrages ligneux, alimentation et prévention sanitaire, encore avec le GDS Corse. Avril : stage de chien au troupeau dans le Larzac, chez Etienne Serclérat. Le parcours continue, chaque saison ajoute une couche à l'histoire.
«Une chèvrerie, c'est une école pour qui accepte d'écouter les bêtes.»
Et puis, en 2025
Le compagnon de route
L'arrivée du chien de berger n'est pas anecdotique. C'est une autre paire d'yeux sur le troupeau, une présence quotidienne qui change le rapport au pâturage. Choisi à Tox chez Audrey, élevé avec les chèvres au quotidien. C'est une bonne lignée, récupéré à trois mois. Une histoire dans l'histoire.